LA LIBERTÉ DE CRÉER

Rencontre avec Quentin Jourdan

Bigresse

Faire le choix, aujourd’hui, de développer sa créativité durant cinq années au sein des Beaux-arts est un pari sur l’avenir. Entre études, arts et actions en direction du jeune public, rencontre avec Quentin Jourdan qui met du cœur à l’ouvrage et multiplie les projets.

Il n’a que 21 ans et, pourtant, Quentin assume ses choix. Le choix de poursuivre quelque chose qui serait de l’ordre de l’héritage. « J’ai baigné dans l’art tout ma vie. Mon père est peintre et mon oncle artiste plasticien. C’est vers 14/15 ans que j’ai commencé à développer cette curiosité propre mais je me suis toujours senti créatif. La créativité, c’est être dans un changement perpétuel, comme une évolution constante de soi-même ». Le choix aussi de venir étudier à Nantes plutôt qu’ailleurs, parce « le système mis en place est une spécificité nantaise. Les deux premières années sont mélangées, ce qui accélère l’intégration, et la pédagogie fonctionne par modules. C’est une manière d’apprendre en laissant la liberté de créer sans se limiter à un moyen d’expression ». Image, Construire, Diffusion Art Multiple, Peinture, Scène, de ces cinq modules, tout étudiant de l’école doit en choisir quatre avant d’accéder à la troisième année. Des apprentissages qui permettent aujourd’hui à Quentin de développer un projet totalement personnel et qui évolue rapidement. « D’une approche romantique de la nature en interaction avec l’homme, j’évolue maintenant vers un engagement qui aborde des problématiques écologiques. Ces sont les projets qui définissent le médium mais le processus passe systématiquement par l’investigation de terrain. Je quitte la pratique de l’atelier pour aller à la rencontre de personnes qui sont dans d’autres disciplines. » Scientifiques, associations, Conservatoires du littoral… ces rencontres lui permettent d’approfondir les sujets auxquels il se confronte, d’enrichir ses propos et même, d’envisager des collaborations. « Les beaux-arts permettent de se positionner dans le monde de l’art mais aussi dans le monde de manière générale ». Entre un travail « art & politique » encore en devenir et des ateliers jeune public, il n’y a qu’un pas ! « En deuxième année, j’ai organisé avec Félix Vayssade et Benjamin Fernandez des ateliers pour les étudiants appelés Z.E.P. (Zone Expérimentale Participative). On se réunissait autour d’une technique en vue de faire une édition. C’est, je crois, pour cela que l’école m’a demandé si je souhaitais participer aux ateliers Graphzines organisés pour les enfants au sein de l’établissement ». Au nombre de cinq, ces ateliers singuliers, où l’on fabrique en deux séances une édition, abordent les thématiques de l’herbier imaginaire, les métiers, les peurs enfantines, Nantes avant ou encore couper-coller. Depuis début janvier, Quentin intervient sur l’herbier imaginaire et trouve que « les gamins sont super ! Hyper calmes et studieux, et c’est un vrai moment de partage. Ils se prêtent rapidement à l’exercice et ont beaucoup d’imagination. La technique mise en place fait que le rendu est tout de suite visible et c’est gratifiant pour eux. » Pour Quentin, comme pour Joseph Beuys et ses 7 000 chênes, une action créative avant d’être formelle peut être généreuse, diffuse dans le quotidien, simple et donc sincère. Et chez BIGRE, on vous invite sincèrement à envoyer vos enfants participer à un de ces ateliers.
Valérie MARION

Ateliers Graphzines pour les 6/8 ans et les 9/12 ans, jusqu’au 20 avril à l’École des Beaux-Arts de Nantes. Les mercredis, jeudis, vendredis, samedis, dimanches dans l’atelier Munari. 5 à 20 €. Inscription obligatoire sur → beauxartsnantes.fr

Ateliers numériques pour les 4/10 ans. Les mercredi, samedis et dimanches dans le centre de ressources. Gratuit. Inscription recommandée.

Portes ouvertes le mercredi 14 fév. de 10h à 18h.