LAURENT LE FLAMBOYANT

+ 7 ans
Karen Hottois, Julie Woignier

+/- 20h30

Dans la jungle de Sumatra vit Laurent le Outan. Chaque matin, il est de mauvais poil, et chaque soir, après s’être balancé, reposé, rassasié, il cuisine une tarte aux litchis et en dépose une part au pied de son arbre pour les petits enfants. Les petits enfants de Paris. Ceux du livre que sa maman lui lisait encore il n’y a pas si longtemps, avant qu’il ne soit un peu trop grand. Laurent attend que les petits enfants arrivent. Il espère qu’ils auront faim après leur marche dans la jungle et goûteront à sa tarte. (…) Ensemble, ils mâcheront du chewing-gum et des caramels mous, sauteront dans les flaques d’eau et prendront des bains de boue. Mais les petits enfants ne viennent pas et Laurent le Outan ravale ses larmes. Jusqu’au jour où une fourmi, gourmande et dégourdie, lui annonce que les enfants ne mangent pas de litchis. Prête à tout pour lui changer les idées, elle invente mille recettes, organise une fête et écrira même des lettres secrètes… Son Lolo parviendra-t-il à retrouver le sourire ? Se rendra-t-il compte que ses vrais amis sont là, tout près de lui ? Tout, dans ce petit roman, nous facilite la lecture et nous la rend agréable. L’écriture tout d’abord de Karen Hottois qui n’a rien oublié pour plonger le lecteur dans la jungle de Sumatra. Inutile de vérifier si tel arbre existe ou s’il est fantasmé tant les mots nous transportent juste là où il faut ; pas la peine de tester les recettes tant l’énergie nous ramènent les odeurs et les saveurs ; pas besoin enfin de s’encombrer de description puisque d’ici nous percevons jusqu’aux sons : TCHOUC, TCHOUC, TCHOUC font les lianes de caoutchouc. L’auteure joue avec le rythme, détourne, combine ou s’amuse d’une timide dyslexie. Quelles salades ! quels salamis ! Que de trouvailles dans le texte pour nous raconter cette histoire débordante d’amitié, de dévouement, de bienveillance et de rêves ! Les illustrations de Julia Woignier ponctuent le voyage de leurs couleurs exotiques, rendant à la jungle sa luxuriance et ses éléments. Elles dépeignent aussi ces personnages qui éprouvent leur relation via leur écart d’échelle et d’apparence, et jouent de leurs différences. On referme ce livre émus et ravis, emplis du rire tonitruant de Laurent, le flamboyant.

Lucie Charrier

MeMo, petite polynie
Octobre 2018