Mon livre ce héros, ses super-pouvoirs… (2)

MOBILIS : CONNECTING PEOPLE

Dossier : Mon livre ce héros, ses super-pouvoirs...

MOBILIS : CONNECTING PEOPLE

Lire, c’est bien ; certes. Mais si raconter une histoire à ses enfants le soir est un bon début, l’accès à la lecture est aussi très largement une affaire de politique publique et culturelle. Initiée et portée par les institutions de la DRAC et du Conseil Régional dans les années 2012/2013, Mobilis est une association nantaise dont le but est de faciliter la mise en contact de tous les acteurs de la filière Livres et Lecture des Pays de la Loire. Rencontre avec son enthousias(man)te directrice, Emmanuelle Garcia.

Parlez-nous un peu de Mobilis !
Mobilis est une association financée par des institutions publiques et engagée auprès de tous ceux qui œuvrent pour la lecture – bibliothèques, librairies, éditeurs, auteurs, structures littéraires, associations… Les statuts qui constituent la filière Livres et Lecture sont très variés et notre rôle est d’essayer de la consolider et de la pérenniser en facilitant la mise en contact et le partage d’expériences de tous ses acteurs. Concrètement, nous proposons des offres de formations, des journées de réflexion sur des thèmes qui sont propres à cette filière – par exemple, celle très actuelle de la rémunération des auteurs. Nous menons aussi des réflexions sur les dispositifs de résidences qui se construisent un peu partout sur le territoire et qui font que des auteurs viennent au contact du public – les jeunes mais aussi les clubs de lecteurs, les usagers de bibliothèques, les clients de librairie… On s’occupe indirectement des lecteurs, finalement.

La Région Pays de la Loire est très active en termes de politique culturelle, notamment autour de la filière Livres et Lecture.
Oui, il y a tout un tas de dispositifs qui sont soutenus par le Centre National du Livre (CNL), la DRAC et le Conseil Régional et qui s’entrecroisent pour faire en sorte d’aider soit des livres, soit des structures, soit des programmes. Pour ce qui est de l’incitation à la lecture, le Conseil Régional a mis en place depuis pas mal de temps un prix littéraire des lycéens et apprentis. De nombreux élèves participent chaque année à ce prix, ce qui permet d’avoir un auteur élu par les élèves. Ce sont des dynamiques de lecture qui sont appréciées par les profs et par les élèves. Il y a aussi toute l’aide qui est apportée à des structures littéraires très importantes sur le territoire comme La Maison de la Poésie ou la Maison Fumetti, structure incontournable pour la BD, avec laquelle nous allons travailler cette année à la création d’un Cycle des auteurs afin de permettre à ces derniers de faire le point sur les différents aspects de leur métier.
Du côté des librairies, il y a une forme de revitalisation de la librairie indépendante depuis quelques temps, aussi parce qu’il y a une tradition de la DRAC et du Conseil Régional en Pays de la Loire qui est de prendre soin des libraires en les accueillant, en les informant et en les accompagnant.

Quels sont les outils publics qui favorisent la lecture ?
Il faut une politique composée de mille ruisseaux qui tous doivent converger vers cette idée qui est de rendre le livre – et donc la lecture – accessible partout. Le livre doit se désenclaver de lui-même. Une bibliothèque par exemple, est très peu souvent associée à un autre lieu de consommation de culture ou de loisirs. Pourquoi les bibliothèques ne sont pas plus proches d’un cinéma, plus proche d’un musée ou d’une piscine ? Ce sont des tendances qu’on observe ailleurs en Europe, cette espèce de congruence de lieux de consommation – le lecteur n’est pas que lecteur. On pourrait imaginer des boutiques qui viendraient s’assembler autour de propositions culturelles variées.
Il y a aussi la deuxième vie du livre : des livres prêtés, des boîtes à livres dans la rue… Le livre audio est aussi formidable, que ce soit pour les enfants ou les adultes.
Et puis il y a bien sûr les associations, très précieuses. Un travail formidable se fait depuis des années entre les éditions MeMo et la bibliothèque malheureusement incendiée de l’espace Malakoff, qui lui donnent tout leur catalogue au fur et à mesure des publications et y font régulièrement de la médiation. Ce qui favorise le plus la rencontre entre un individu et un livre finalement, et l’essence du projet porté par Mobilis, c’est le pont que crée le médiateur.

Propos recueillis par Claire Loup

Mobilis a un magazine web, MobiLisons – 100% made in Pays de la Loire, qui donne également un bon aperçu des projets et des acteurs qui l’entourent. Pour tout découvrir dans le détail
→ mobilis-paysdelaloire.fr

À noter : l’appel aux dons de livres pour les bibliothèques incendiées de Malakoff et d’Émilienne Leroux, du quartier des Dervallières, est toujours en cours. Des bacs posés dans toutes les médiathèques sont dans l’attente de livres brochés, récents et en très bon état…