7
octobre
2019

BLOG À PART

Avec son blog au nom joliment évocateur, ses photos aux tons pastel et son naturel, Marine Fromont, Nantaise de 29 ans, s’épanouit en influenceuse éthique qui a su dire non à l’omnipotence publicitaire.

La Cité des ducs l’a accueillie à l’aube de sa majorité. Un début de fac de langues teinté de grèves à répétition, et Marine, qui s’ennuie pendant ces journées mortes, crée un blog « pour s’occuper ». Les dessous de Marine, en 2009, axé lifestyle et voyages, est un bébé timide mais novateur à une époque où le concept émerge doucement. « J’étais étudiante, je n’avais pas d’argent, je partageais mes bons plans fripes, des adresses nantaises pas chères ». Celle dont la couleur de cheveux change au gré de ses envies se découvre une appétence pour le numérique, et bifurque en école de com’. À l’aise comme un code binaire dans le cyberespace, la blogueuse s’approprie les termes alors barbares de webmarketing, réseaux sociaux et community manager. En parallèle, les marques commencent à la contacter, à lui proposer des posts sponsorisés, un article, gratuit, à mettre en avant. En 2011, Les dessous de Marine prend de l’ampleur, avec l’arrivée de partenariats. « Quand ça a commencé à me rapporter un peu, le blog est devenu en quelque sorte mon job étudiant. J’étais jeune, et pas très regardante sur les posts ». Le blog est sa « carte de visite pour les stages », puis Marine devient community manager en freelance. Aujourd’hui blogueuse aguerrie, la jeune femme intervient en école de com’ et conseille aux étudiants « de s’investir sur les réseaux sociaux, de les connaître de l’intérieur ». Pour mieux apprivoiser leurs défauts ? L’arrivée du mastodonte Instagram a changé la donne. « C’est plus ‘gros’ que les blogs, mais aussi trop instantané, éphémère, pas assez exigeant. C’est trop de matraquage publicitaire ». Marine, elle, prend maintenant tout son temps pour écrire un article, appréciant « ce référencement qui dure », et n’a surtout jamais voulu faire de blogueuse son métier. Celle qui s’amuse de cette activité secondaire, « je veux que ça reste une passion », admire cette jeunesse qui descend dans la rue pour le climat. « Je n’étais pas une jeune éclairée comme eux, j’étais moins exigeante qu’eux à 20 ans, je n’avais pas cette conscience écologique ».

Elle refuse à présent les « colis surprises » des agences

Elle s’emploie, depuis plus de 4 ans maintenant, à changer la donne. La goutte d’eau qui fit déborder l’océan consumériste fut « ces dizaines de colis par semaine, ce moment où tu réalises que ta penderie déborde, que tu dois tester 5 crèmes par mois… C’était ingérable ». Aujourd’hui, Marine a « réduit » ses looks. La jeune femme achète seulement des intemporels, souvent de seconde main. « Je veux que mes fringues aient une durée de vie de minimum 5 ans ». Elle refuse à présent les « colis surprises » des agences, n’accepte plus aucune crème pour le visage, fait des choix drastiques. « Il est inutile de recevoir autant de choses. Tu n’es pas honnête quand tu parles d’une crème que tu as testé deux jours. Et puis j’en parle d’autant mieux sur le blog si le produit me convient. Je veux pouvoir l’utiliser ». Les articles se font plus longs, détaillés, les posts se font plus rares, fleuris et légers, toujours élégants. C’est que la blogueuse est une photographe douée, et s’est même lancée à son compte. Une démarche globale qui la rend épanouie, en phase avec elle-même. « Comme le blog n’est pas mon travail, je peux refuser plus facilement. Je ne me force jamais à publier, je publie ce qui me plaît. Mon compte me ressemble beaucoup, je suis quelqu’un d’optimiste dans la vie ». Un optimisme qui se réjouit de voir les consciences s’éveiller, « l’apologie de la consommation diminuer doucement ». Elle, n’est pas là pour faire la morale à qui que soit, elle désire simplement partager son mode de vie de manière bienveillante. Amoureuse de son corgi, Bertie, boule de poils hyperactive aux allures de renard des villes, elle est devenue végétarienne, pratique le zéro déchet, achète tout en vrac. « Je constate que les gens réagissent davantage aux sujets plus sérieux, autres que les looks. Mon lectorat m’a suivi dans ces changements ». Avec ses 1 000 lecteurs par jour, ses 14 000 abonnées sur Insta, la bourguignonne, devenue nantaise, veut continuer à poster à son rythme, sans pression, mais toujours avec style.

Elsa Gambin

→ lesdessousdemarine.fr
→ instagram.com/lesdessousdemarine

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