5
mai
2020

Charlyne

Charlyne, 42 ans, prof d’anglais en collège à Nantes, confinée avec David, 45 ans, Oscar, 8 ans, et Félix, 4 ans.

Quand le confinement a été annoncé officiellement, cela faisait une semaine que certains de mes élèves me demandaient pourquoi on n’était pas confinés, entre envie de ne plus venir, et crainte de contagion. On avait dû annuler les voyages, pour lesquels certains avaient mis tant d’énergie à créer des objets qu’ils vendaient pour les financer. C’était dur, mais ils réagissaient courageusement. On n’a donc pas vraiment été surpris, mais je n’étais pas préparée à faire cours en virtuel.

La première semaine fut stressante, j’avais l’impression de ne jamais être juste dans mes propositions, la situation agissait comme un violent révélateur de toutes sortes d’injustices. Je pensais aux élèves de ma classe principale auxquels j’ai un attachement particulier, mais aussi à mes élèves sans connexion, à ceux qui vivent des situations difficiles : qu’allaient ils devenir ? Je me sentais seule, avec des outils qui ne marchaient pas bien, et des coups de fil à passer que je trouvais intrusifs, mais il fallait savoir qui on allait aider et comment.

Le premier vendredi, le bilan de ma semaine fut douloureux, j’étais nerveusement épuisée ! Je décidai donc de prendre un peu de recul par rapport à cela, de plutôt organiser la semaine selon des rdv hebdomadaires, avec des activités diverses, moins scolaires, plus créatives, qui puissent aider les élèves à faire autre chose que penser au virus, même si je ne les ai pas empêchés d’en parler dans leurs écrits. Je ne voulais pas rajouter de stress en plus, de conflits, vivant aussi l’expérience de l’école à la maison. Je voulais qu’ils se sentent le moins stressés et contraints possible, et je fus rassurée car les directives de ma hiérarchie allaient tout à fait dans ce sens : ne rajoutons pas de stress au stress !

On a pris petit à petit nos marques, les retours de travaux, timides au départ, ont fini par s’étoffer. Pour les vacances, j’ai encouragé mes élèves à décrocher. Cette façon de poursuivre l’école creuse vraiment les écarts entre nos élèves, mais j’ai confiance en eux pour la suite. J’ai eu l’occasion de voir des élèves absents longtemps rattraper le niveau, petit à petit, et d’ailleurs, c’est vraiment ce que je voudrais dire aux parents : ça va aller, on va tous s’adapter, les ados sont surprenants, et on va rattraper le « retard » académique. Mes élèves sont formidables, on a eu des échanges parfois très drôles, en tous cas leurs retours m’ont été vraiment précieux ! J’ai envie de leur dire : you rock, I miss you guys !

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