16
juin
2016

ENJEU À LA NANTAISE

Euro et ligne éditoriale obligent, Bigre est allé à la rencontre d’une femme de foot. En l’occurrence, Sabrina Belkhir, responsable technique du FC Nantes au féminin. Portrait en mouvement d’une jeune passionnée, presque née au bord de la ligne de touche.

Que ce soit par mail, au téléphone ou même à l’heure de la rencontre, à chaque fois, ça a été la même. Nous nous sommes sentis obligés de nous justifier. Du genre, promis-juré-craché-on-n’est-pas-là-pour-se-moquer. Et à chaque fois, le même sourire. Du genre, non-non-pas-de-soucis. Une fois la tactique posée, nous y sommes allés façon “kick and rush” avec nos questions football featuring les femmes. Ni une, ni deux, Sabrina Belkhir, petit bout de femme de 33 ans, nous a renvoyés dans nos 22. Toujours avec le sourire !

Non, celle qui a découvert le football aux côtés de son père, ancien titulaire au JSC Bellevue, ne s’est jamais fait tacler à la hauteur des genoux parce qu’elle était une fille évoluant dans un monde de mecs. « Je n’ai jamais été attaquée du fait que je sois une femme. La seule anecdote que l’on m’ait rapportée, c’est celle d’une fille arbitre qui, pendant un tournoi majeur sur le département, s’est entendu dire par un enfant de retourner dans sa cuisine ». Sinon, R.A.S.
Tout tourne rond dans le meilleur des mondes. Et celui de Sabrina gravite depuis toujours ou presque autour de la culture ballon.

« J’avais 4 ans quand je suis tombée dans le foot. Je suivais mon père à tous ses matches. À 6 ans, j’étais à La Beaujoire pour le Nantes – Juventus en Ligue des Champions ».

Aujourd’hui, à chaque rencontre à domicile, la maman du petit Nino, né quelques minutes après une défaite contre Châteaubriant, s’assoit en tribune présidentielle. Et tous les mercredis et samedis, elle coache les filles, toutes petites ou beaucoup plus grandes, du FC Nantes. Une histoire de dingue lorsque l’on sait que Sabrina n’a jamais joué au foot. « Mon père ne voulait pas ».

Cependant, c’est tout naturellement que cette accroc à Zidane, à Guardiola, au beau jeu, à Mourinho – période pré melon – s’en est allée publier les bancs. « J’ai commencé en tant qu’éducatrice à la Mellinet. J’encadrais des garçons ». Puis le FC Nantes a frappé à la porte. « Avant d’y aller, j’ai demandé à les rencontrer, à voir les infrastructures ». Rapidement, Sabrina Belkhir intègre la maison jaune. « Je me suis tout simplement dit pourquoi pas. Ce n’était pas un aboutissement, car je sais d’où je viens. Je viens d’un club de quartier. Bon d’accord, ça m’a quand même fait quelque chose lorsque pour la première fois, j’ai enfilé le survêtement du FC Nantes », sourit de nouveau cette bénévole de l’institution canari.

Car oui, là-bas, il y a les pros d’un côté et l’école de football, les amateurs donc, de l’autre. « Les pros, on ne les croise pas souvent. Rémy Riou vient nous voir de temps en temps. Jordan Veretout a été le parrain de la section féminine ». Et les Kita père et fils ? « Lorsque nous traversons la route de la Jonelière et allons chez les pros, Franck est là ». Au son de la voix, au regard de l’entraîneur, on capte immédiatement que le fils Kita ne se la raconte pas et se la joue sincère. En même temps, la section féminine représente plus de cent joueuses âgées de 5 à 30 ans.

À une époque où le foot au féminin a la vent en poupe, il serait dommage de pratiquer la règle du “hors je”.

« Le chemin est encore long avant que nous atteignions le haut niveau », souligne celle qui prône les déplacements, le mouvement, un ballon avançant plus vite qu’un cheval au galop. « On joue un peu à la nantaise ». Voilà, l’expression est lâchée. Le jeu à la nantaise est mort, mais certains, à leur humble niveau, essaient encore de souffler sur ses braises. Pas étonnant du coup que le soir même de notre rencontre, Sabrina Belkhir, « bientôt 10 ans de banc », nous fasse parvenir un mail : « J’ai réfléchi à mon moment de foot. Je t’ai parlé du maintien du FC Nantes en ligue 1, mais le mieux c’est quand même le 3-0 de l’équipe de France contre le Brésil. Et pour les entraîneurs, tu peux ajouter Suaudeau ». Smiley qui sourit.

Arnaud Bénureau

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Le vendredi 1er juillet à partir de 19h, Les Nefs vont se transformer en une gigantesque arène festive, gustative, performative, participative et musicale où le foot sera roi. Un roi vacillant sur son trône tant cette escale de La Nuit du Voyage à Nantes s’amusera, sans jamais se moquer, des codes de la planète ballon rond.

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