5
mai
2020

Gaëlle

Gaëlle Lecareux, directrice du Théâtre ONYX, scène conventionnée de Saint-Herblain.

Diriger le projet d’un théâtre, gérer les actions culturelles, assurer un suivi relationnel avec les publics, trouver des solutions pour que les résidences de création puissent continuer … le tout en mode confinement, … préparer un festival dont on ne sait pas s’il aura lieu, construire la future saison dans le flou, c’est la situation vécue par l’ensemble des équipes professionnelles des théâtres et des structures culturelles en France depuis le 17 mars dernier et ce, pour une durée encore inconnue à ce jour.

Une des premières choses a été de gérer les annulations des spectacles, envisager des reports lorsque c’était possible, stopper net tout ce que nous étions en train de construire pour les futurs mois pour assurer ces urgences, honorer les remboursements de billets des spectateurs, le tout dans une situation tellement inédite que nous nous sommes retrouvés confrontés à des clauses juridiques, et des réglementations pas toujours très adaptées aux besoins urgents de nos collaborations artistiques, parfois déjà contractualisées et parfois engagées moralement dans nos programmes de plaquette de saison et de festival. Les artistes, les techniciens et tous les professionnels liés de près ou de loin la vie culturelle d’un territoire et à son rayonnement prennent de plein fouet cet arrêt de la diffusion du spectacle vivant, de l’ouverture des musées et établissements d’enseignement, des actions culturelles et artistiques …

Et pourtant au quotidien les équipes professionnelles des théâtres cherchent des solutions pour assurer une continuité de l’activité. Elles tâchent également d’inventer des actes solidaires à l’égard de tous ces hommes et femmes qui font la richesse artistique et la dynamique culturelle de notre pays mais il y a, en tous cas pour ma part, un grand sentiment d’impuissance face à leurs descentes aux enfers.

Il faut pourtant coûte que coûte garder l’espoir de sortir de cette crise la tête haute et une fois passées ces quelques semaines de débâcles, je suis convaincue que les choses peuvent se réinventer et se propulser avec entrain pour renouer les liens entre les artistes et les publics, construire de nouvelles modalités d’accès aux œuvres, aux théâtres, aux festivals. Mais cela ne peut se faire qu’à une seule condition : qu’il y ait une volonté commune et partagée des élus locaux et associatifs, des institutions publiques, des collectivités et des professionnels à repenser et recréer des partenariats basés sur des fondamentaux qui, tout en prenant en compte l’impérieuse nécessité des échanges économiques, doivent se transcender bien au-delà de ça. Je n’ai à ce jour pas de solutions miracles à proposer. C’est l’intelligence collective qui doit se mettre au travail et vite.

hwww.theatreonyx.fr

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