29
janvier
2015

HIP OPSESSION

Tout public
Rencontre avec One Up

Après une décennie dignement fêtée l’année dernière, le festival organisé par Pick Up Production ouvre une nouvelle édition. Rencontre avec One Up, membre de Pick Up et de l’asso From Scratch, à la fois DJ incontournable de battles et danseur, véritable diffuseur de culture hip hop.

Vous connaissez bien le monde des battles en tant que DJ et bboy (danseur de breakdance). En quoi est-ce que HIP OPsession se démarque des autres festivalship hop ?___En danse, le festival tient à garder l’esthétique bboying. Au lieu unique, c’est le public qui entoure littéralement les battles, qui se font d’ailleurs directement sur le sol. C’est très important pour les spécialistes de ne pas avoir un format show, avec une scène et des gens en face comme dans un spectacle quelconque. Là, on a un lieu à taille humaine (2000 personnes) aménagé pour conserver l’esprit originel de la danse. On peut faire un cypher (un cercle spontané) même si on n’est pas dans la compétition, parce qu’il y a un espace libre pour danser à côté. Et c’est ce que font beaucoup de danseurs qui viennent juste pour ça ! De manière générale, le festival permet de découvrir des artistes internationaux ; que ce soit des danseurs qui viennent du Laos ou des concerts un peu plus ovnis où l’on se demande si on n’est pas à la limite du hip hop… Mais c’est ça qui est bien ! Nico (Reverdito, directeur de Pick Up) me surprend à chaque fois avec sa programmation. Il y a cette prise de risques et une recherche quotidienne de Pick Up pour trouver la nouveauté sans se travestir. Les gens se font souvent une image du hip hop à travers les médias, mais le hip hop est tout l’inverse de ça et le festival permet de revoir sa copie.

Qu’apporte ce festival sur ce territoire ?___Une diversité sur la programmation artistique. Il y a toutes les esthétiques du hip hop : ça peut-être jazzy, plus électro, mais quel que soit le hip hop que tu écoutes, tu peux t’y retrouver. La diversité des salles qui accueillent permet ça, il y a un véritable travail de coproduction entre Pick Up et les salles. Et le festival ne vit pas qu’à Nantes, il est aussi sur toute l’agglomération. On n’est pas qu’au LU ou à Stereolux, on va aussi au TNT, et même jusqu’à Orvault, la Chapelle-sur-Erdre… En termes de territoire, il y a une réelle volonté de programmer des locaux, Nico s’intéresse à ce que lui dit son entourage. Il y a 2 ans, on a quand même eu l’avant-première du projet C2C alors que l’album Tetra n’était pas encore sorti. Si les artistes locaux proposent un projet, il y aura toujours une écoute et un regard de Pick Up et d’HIP OPsession sur eux. Ici, il y a une émulation qui est une grande force et le festival en est le reflet.

Est-ce que la devise française « liberté, égalité, fraternité » sonne résolument hip hop ?___One Up : Il y a toujours eu une volonté d’être « anti » dans ce mouvement, donc liberté oui. Et puis comme disait Sidney, animateur de l’émission de télé H.I.P H.O.P., « le hip hop est fort car il naît de rien ». On n’est pas contraint par des institutions ou des horaires de salle. On peut faire beaucoup de choses en restant dans sa chambre et c’est ce qui se passe pour beaucoup d’entre nous. Fraternité ? C’est évident ! Le hip hop se fait en crews, on est tout le temps en équipe de DJs, de graffeurs, de rappeurs. On est rarement tout seul sur scène. Pour l’égalité, je dirais que le hip hop était avant tout un mouvement social qui a voulu réduire l’échelle sociale. Même si elle est encore bien trop grande et qu’aujourd’hui, on n’a plus trop cet aspect social. Mais le hip hop, c’est aussi une culture de l’échange. Il faut qu’il y ait un passage de témoin, sinon on n’arrive pas à créer cette égalité.

Le Battle OPsession est un événement phare du festival, toujours complet depuis plusieurs éditions. Comment expliquez-vous cet engouement ?___Cette compétition fait quand même partie du top 5 mondial des événements de danse hip hop ! Alors je dirais qu’il y a un engouement parce que l’événement n’a jamais retourné sa veste. Il a toujours voulu mettre en avant la danse. Pour ça, rien n’est laissé au hasard. L’événement est resté fidèle au LU, c’est important car ce lieu crée une ambiance de fou. Moi je la sens cette ambiance HIP OPsession : il y a une odeur, un feeling familier. Comme quand tu mates un bon film près de la cheminée avec un bon verre de vin. Le public plutôt familial est toujours là parce que c’est accessible à tous. Et les speakers, Amjad et Nasty, font tout pour qu’on passe un bon moment. Ces deux-là sont dans le milieu depuis hyper longtemps et ils ont un rôle primordial. Il y a un vrai équilibre entre Amjad qui a tendance à partir en live et Nasty qui va faire en sorte que tout le monde comprenne ce qui se passe. Ils ont une façon de parler au public qui est rassurante parce qu’il n’est jamais mis de côté.

Est-ce qu’on peut apprendre des choses à ses enfants en les emmenant voir des battles ?___Je dirais le respect, qui est la règle qui revient le plus. Par exemple, les danseurs n’ont pas le droit de se toucher, ils doivent danser les uns après les autres… La persévérance est aussi une valeur primordiale parce qu’il faut de la rigueur dans l’entraînement. J’ai pas envie de parler de sport parce que pour moi ça n’en est pas un, mais il y a quand même des similitudes. Il faut être en bonne santé, beaucoup de danseurs ont une alimentation très équilibrée et adoptent une hygiène de vie très réglée. Mais il ne faut surtout pas oublier le jeu, le fun ! Quand les bboys viennent au milieu du cercle, ils sont très concentrés mais ne le montrent pas. Qu’ils ratent ou réussissent ce qu’ils sont en train de faire, même s’ils sont en pleine compétition, ils gardent toujours le sourire. Faut se faire plaisir avant tout ! Ah et une dernière chose importante à dire aux parents : ne pas laisser ses enfants se mettre sur la tête trop tôt. C’est pas bon pour la croissance !

Propos recueillis par Solange MARIBE

La soirée de samedi est déjà complète… Profitez-en pour aller découvrir la compétition en danse debout du vendredi. Selon One Up, c’est une programmation de fous à ne pas rater !

Danse, concerts, expo, conférences, film, stages : HIP OPsession, c’est du 5 au 21 février à Nantes et dans l’agglo.

Toutes les infos : hipopsession.com

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