5
mai
2020

JE VAIS MAL… HELP !

Nous avions rencontré Agnès Dutheil, auteure et conférencière, début mars pour nous entretenir autour du sujet des enfants rois. Le dossier était bouclé et… patatras ! Nous nous sommes retrouvés confinés. On vous garde cette interview pour plus tard car, pour l’heure, on a préféré la réinterroger sur une question qui nous concerne plus ou moins tous : comment faire face aux angoisses qui surgissent en cette période si particulière.

Nous vivons un moment stressant. Pourquoi surgissent aujourd’hui tant d’angoisses pour certains d’entre nous ?
Ce confinement met en exergue nos difficultés d’«être au monde», que bien souvent nous essayons de masquer par notre vie (trop ?) active. Aujourd’hui, nous sommes donc face à nous-mêmes, sans exutoire possible. Et nous avons le choix : les ignorer, accuser les autres (le gouvernement gère mal cette crise… c’est à cause de lui si j’ai des angoisses) ou s’accuser soi-même (en se dépréciant, en se dévalorisant). Serait-il possible que nous vivions cette période comme un « cadeau » ? Un temps d’acceptation de soi et de prise de conscience de là où nous en sommes, en toute humilité. Oui, travailler sur nos angoisses passe irrémédiablement par un temps d’acceptation.

C’est donc un vrai travail à mettre en place… Vous auriez un conseil pour commencer ?
Personnellement, je pense que la méditation « pleine conscience » peut-être un bon moyen de canaliser ses angoisses, même s’il y en a d’autres ! Cela permet de les reconnaître, de les accepter et de réfléchir à « comment » nous pourrions vivre avec tout ce désarroi à l’intérieur de nous. Si ces angoisses sont refoulées, soyez certains qu’elles reviendront ! Je vous propose de tenter l’expérience, là, juste pour voir… Fermez les yeux, et tentez de visualiser votre angoisse, de savoir où elle se situe. Est-elle placée dans votre ventre ou dans votre gorge ? Ou encore ailleurs ? A-t-elle une couleur ? Une forme ? Est-elle en mouvement ? Est-elle chaude ou froide ? Ne luttez pas, regardez-là. Si vous le pouvez, « touchez-la » de façon virtuelle bien sûr !
Parfois, écrire dans un cahier ses pensées peut aussi aider à faire le point. Cela permettra de reprendre sa vie en main une fois le confinement terminé. Notre vie d’aujourd’hui, c’est un peu toutes les questions (pourtant déjà présentes auparavant) qui prennent une autre ampleur ces temps-ci : celles de l’environnement, de la planète ou encore nos modes de consommation. Réussirons-nous à vivre autrement après ? Le philosophe Aldous Huxley (1874-1963) a écrit : « L’expérience, ce n’est pas ce qui nous arrive mais ce que nous faisons de ce qui nous arrive ».

On peut aussi ressentir le besoin d’être écouté…
Parfois, demander de l’aide est indispensable. C’est d’ailleurs une illusion de croire que l’on peut réussir seul. Grandir, c’est comprendre que nous ne sommes pas dépendants mais interdépendants. Et dans ce sens, nous avons à nous appuyer sur des personnes qui sauront nous aider. La grande difficulté, c’est de choisir la bonne ! Et il n’y a pas de règle, que ce soit pour trouver une écoute professionnelle ou celle d’un ami. Rappelez-vous d’une chose : la personne juste n’est ni celle qui vous compare, parle d’elle, relativise, prend position… C’est encore moins une personne qui vous juge ou vous donne des conseils ! La bonne personne est d’abord celle qui saura vous écouter, pour vous-même, en vous posant les questions qui vous permettront de donner VOS propres réponses !
Je me souviens du jour où j’ai accompagné un couple en grande difficulté. Je me sentais moi-même très démunie devant eux, et je le leur ai dit. L’écoute juste est aussi celle-ci : elle n’est pas toute puissante et sait se montrer humble ! Par le plus grand des hasards (si l’on pense que le hasard existe, mais ça c’est une autre histoire !) ils ont rencontré un Moine dans une fête de famille. Et c’est lui qui a su les aider. Vous imaginez bien que jamais je n’aurais su leur proposer un accompagnement pareil ! Et c’est ce qui a été bon pour eux. Ça c’est une autre règle : ce qui est bon pour vous ne l’est peut-être pas pour votre voisin, et ça n’a pas d’importance !
Ne restez pas seul avec vos angoisses, il y a beaucoup de possibilités, beaucoup d’adresses. Soyez à l’écoute et bon pour vous-même !

Propos recueillis par Amélie Racine

→ Soutien psy 44 (C.H.U. de Nantes), une ligne dédiée pour écouter, soutenir et orienter : 0800 086 317 ou bp-soutien-psy44@chu-nantes.fr et toujours ecoute.confinement@mairie-nantes.fr
→ La permanence téléphonique mise en place par les professionnels psychologues, psychiatres et psychomotriciens du réseau associatif “Les Pâtes au Beurre” se poursuit jusqu’à la fin du confinement:  02 40 16 06 52 (du lundi au vendredi de 9h00 à 21h00, le samedi de 9h00 à 12h00).

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