19
septembre
2017

Le mouvement qui libère

Dans la chaleur caniculaire d’un après-midi d’août, un visiteur égaré dans le quartier des Olivettes échoue dans nos bureaux. Pas totalement un inconnu puisqu’il s’agit de Loïc Touzé, chorégraphe familier des scènes nantaises. La discussion s’engage autour de la danse, du yoga et de Feldenkrais. Felden… quoi ? Pour comprendre, direction Honolulu. Pas le spot sous les palmiers, mais un autre endroit de rêve tout proche où Fabienne Compet, chorégraphe, prof’ de yoga et enseignante de la méthode, nous accueille sur son chouette plateau baigné de lumière.

Le parcours de Fabienne est guidé par un besoin de liberté. Se libérer d’une étiquette tout d’abord, celle d’un garçon manqué « on m’a mise à la danse pour me féminiser car je passais mes journées à courir et à sauter avec mes copains ». Au Conservatoire, on décèle le potentiel de la gamine et on incite ses parents à la présenter à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Examen d’entrée réussi haut la main, la petite découvre un univers totalement nouveau.

Une véritable déflagration artistique « entendre la Traviata poussée par 60 choristes est une expérience incroyable pour une petite comme moi qui n’était jamais vraiment allée au spectacle. À la hauteur de mes yeux d’enfant (elle a alors 11 ans), entre les décors grandioses, les costumes, j’avais l’impression d’évoluer dans un monde féérique ».

Elle entre dans le corps du ballet à 18 ans pour claquer la porte 5 ans plus tard… pour danser le rock ! « J’appartenais au groupe de recherche chorégraphique, ce qui m’a permis de rencontrer un grand nombre de chorégraphes contemporains de ma génération ». C’est le déclic : Fabienne a envie d’une danse ancrée dans son époque, loin du formalisme classique de l’Opéra et de son milieu protégé. C’est aussi les années 80 et en France, Jack Lang donne à la danse contemporaine les moyens d’exploser.

« Il y avait à cette époque une effervescence incroyable autour de la danse, la période était propice à la création, à la recherche de nouvelles formes ».

Seulement voilà, des années de classique laissent des traces, notamment dans le mouvement. « Le centre de gravité d’un danseur classique est plus haut que celui d’un danseur contemporain, en dansant autrement, je me suis aperçue que je n’avais pas les outils pour articuler la création d’un geste ». Un constat dans la douleur. Fabienne perd ses repères, se blesse. « Il m’a fallu trouver un moyen de sortir du conflit qui s’était noué dans mon corps. C’est là que j’ai rencontré la méthode Feldenkrais, depuis le champ de la danse où cette pratique, alors très répandue en Allemagne et aux États-Unis mais confidentielle en France, circulait déjà ».

Moshé Feldenkrais, ingénieur de formation et judoka, qui, après une sérieuse blessure au genou qui devait le condamner au boitement, inventa une méthode qui décompose le geste pour créer de nouvelles connexions neuronales qui réparent le corps en apaisant l’esprit. 
Fabienne se plonge dans cet apprentissage, et parvient à guérir, tout en réalisant des projets chorégraphiques.

Une libération corps et âme. « Quand tu changes le vécu, tu peux voir les pensées changer ».

Feldenkrais calme le système nerveux et dénoue les tensions liées à des postures inconfortables ou d’anciens blocages. « La méthode est bien connue et utilisée par les danseurs, mais on y vient aussi pour apaiser les maux liés aux stress, comme le verrouillage du dos ou pour apaiser un cerveau trop bruyant ». Créer de nouveaux gestes pour donner de la joie, un joli projet que ce joyeux lutin propose de transmettre à Honolulu.

Manuella Unal

// Portes ouvertes samedi 23 septembre à 16 h,
9 Rue Sanlecque, Nantes.
→ incorporer.com

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