17
juillet
2020

MÈRE SUPÉRIEURE

Nous avons rencontré Josette deux jours avant le confinement, pour parler du Res’PPI (le Réseau des Parents Parfaitement Imparfaits), de ses casquettes de maman solo, cheffe d’entreprise dans l’informatique et initiatrice du Carrefour des Familles. On a discuté longtemps et c’était chouette ! Le 16 janvier 1952 à Nantes, Josette voit le jour au sein d’une famille marquée par l’engagement associatif et syndical. À la maison, on milite… en musique ! En 68, papa est sur les barricades : Dubigeon, la CGT, la petite est biberonnée à l’Éduc’ pop’ et aux idées d’une gauche qui porte l’envie d’une société plus égalitaire.

La jeune Josette fréquente la Fac de Sciences, avant de s’apercevoir que « parler aux vers de terre, c’était pas (s)on truc ». Peu tentée par une carrière de prof’ de Sciences Nat’, elle entame à la fin des années 70 une formation d’animatrice socio-culturelle à Poitiers avec Jeunesse et Sports. À l’époque, les schémas éducatifs sont en train d’évoluer et on commence à s’intéresser aux méthodes dites « ouvertes » : on crée des équipes pluridisciplinaires de psychologues, d’éducateurs spécialisés et d’animateurs, et de nouveaux dispositifs voués à réduire l’échec scolaire. Josette trouve alors un poste de maître-auxiliaire qui lui permet de développer une approche différente, moins axée sur la notation que sur la réalisation concrète. Le multimédia est en plein essor et elle met les mains dans les logiciels qui permettent de créer tout en valorisant des projets individuels de formation. De cette expérience, elle gardera la conviction qu’il faut adapter la pédagogie : l’enseignement doit faire sens. Cette révélation sera le fil conducteur de son parcours : comment donner le goût d’apprendre à apprendre pour développer des compétences ?
L’expérience durera 6 ans et Josette acquiert une certitude « Si tu regardes un enfant comme un nul, tu en feras un nul ».
Sur le plan personnel, un tournant s’amorce en parallèle : le couple bat de l’aile, Josette aspire à prendre du temps pour s’occuper de ses deux fils, un changement de braquet professionnel va suivre. Besoin d’autonomie financière : elle crée sa boîte en 87 Formatique Multimédia, pionnière de la formation à distance. Elle développe ses services dans les CCI avec des stratégies d’apprentissage axées sur l’autonomie et la confiance. Des valeurs auxquelles Josette est fortement attachée et qui guident également ses choix éducatifs. Maman solo durant 15 ans, Josette rencontre Jacques à 46 ans. Devenus grands, Nicolas et Vincent seront les témoins du mariage de leur maman. Elle confie « J’ai pas l’impression d’avoir été super balèze en tant que mère » pourtant, les deux jeunes hommes poursuivent aujourd’hui de jolis parcours. La complicité qu’elle a noué avec ses garçons, Josette la résume en quelques mots « Un enfant, ça ne se dresse pas, ça s’éduque. Mes bébés sont devenus des mecs bien ». Derrière la pudeur des mots affleurent la sensibilité et la fierté d’une femme qui a su mener de front une carrière, une vie familiale et une vie amoureuse riches et épanouissantes.
En 2012, elle est missionnée par la Ville de Saint-Sébastien sur Loire pour réfléchir à une formule d’accompagnement des parents Sébastiennais. Le Carrefour des familles voit le jour, et l’affluence dépasse bien vite les seuls habitants de la commune. La parentalité est un sujet qui alimente les débats, suscitant interrogations et controverses. À rebours des gourous, le travail de l’association est d’écouter et de favoriser l’autonomie des parents. Pas de conseils miraculeux, mais plutôt des moments d’échange et la possibilité de s’adresser à d’autres parents, formés à l’accueil. En 2017, Le Res’PPI voit le jour, en lien avec d’autres collectifs de l’agglo’ nantaise. On y développe une posture d’écoute empathique, entre pairs, dans une volonté d’entraide, afin de redonner confiance aux parents, «pour qu’ils reprennent la parole et leur pouvoir d’agir». Une suite logique pour Josette qui observe « les jeunes parents se mettent une exigence dingue, nous voulons les aider à relativiser et à trouver leurs propres ressources ». Tordre le cou à l’injonction d’être parfaits, se donner le droit à l’erreur, apprendre de nos expériences… loin du dogme, le bon sens et la tendresse. Josette, une mère pour nous tous !

Manuella Unal

→ asso-resppi.fr

PARTAGER CET ARTICLE          
TAGS : ,
À LIRE AUSSI

NÉANDERTAL

Publié le 6 août 2020
Plus proche de nous qu’on ne le pense...

LA LOIRE COULE COOL

Publié le 25 juillet 2020
Deuxième édition pour ce rendez-vous d’été de Saint-Sébastien....

CULTURE RAFRAÎCHISSANTE

Publié le 20 juillet 2020
L’envie de prendre l’air et de se divertir n’a sans doute jamais été aussi intense après le confinement....

ARCHIPEL

Publié le 17 juillet 2020
Fonds de dotation de Jean-Jacques Lebel...