16
juin
2015

MUSCADET FOREVER

Nantaise élevée au petit-beurre et au muscadet, Marie Chartier-Luneau est tombée amoureuse de la vigne, et accessoirement d’un vigneron. Avec son mari, ils sont les propriétaires du Domaine Luneau-Papin, une des grandes références de ce subtil breuvage emblématique du vignoble nantais. Portrait d’une sacrée nana qui voit le verre à moitié plein.

Le Domaine Luneau-Papin, c’est une histoire essentiellement familiale, comme d’ailleurs la grande majorité des domaines viticoles. Pierre Luneau, fils de vignerons au Landreau, a épousé Monique Papin, qui elle même était fille, petite-fille et arrière-petite-fille de vignerons à la Chapelle-Heulin. Quand leurs parents respectifs ont cessé leur activité, ils ont récupéré les parcelles et ont eu la bonne idée de marier leurs terroirs. Ainsi est né le Domaine Luneau-Papin dans les années 90 qui représente aujourd’hui 45 ha morcelés.

C’est pour cela qu’ils ont une multitude de cuvées puisqu’ils exploitent les parcelles de la famille Papin et celles de la famille Luneau !

En fonction des parcelles, le Melon de Bourgogne, cépage du Muscadet, ne donnera pas le même vin. Tout dépend du sol, de l’orientation, du travail de l’Homme.

Mais comment Marie en est arrivée là ?

« J’avais ouvert un resto il y a quelques années dans le centre de Nantes avec deux copains, comme j’ai toujours été une grande défenseure du muscadet, je cherchais le meilleur Muscadet pour mes clients. C’est ainsi que j’ai découvert le Domaine Luneau-Papin et fait la rencontre de Pierre Luneau. Tout naturellement j’ai commencé à référencer ses vins, car effectivement ils étaient excellents. » De fil en aiguille, elle est devenue très amie avec le fiston, qui venait la livrer au restaurant et qui était en train de reprendre le domaine de ses parents. Il ne se voyait néanmoins pas reprendre seul l’activité. « Pierre est un vrai gars de terrain, amoureux de la vigne et de la cave. Tout l’aspect commercial, internet, etc., ce n’est pas du tout son truc. »

Comme de son côté, elle commençait à en avoir marre de la restauration, elle a donc décidé de se lancer dans l’aventure avec lui. « Me voilà donc plongée au cœur du monde viticole. Au début, j’arrivais au boulot en talons et petite jupette, la catastrophe ! Et puis après les premières dégustations dans les caves et la découverte de la vigne, je suis tombée amoureuse de cet univers magique, marqué par l’attachement à la terre, la diversité, le respect des vignes pour veiller à sa pérennité. »

Pour Marie, les femmes ont toujours été présentes dans la culture viticole sauf qu’elles n’étaient pas mises en avant. Les coutumes ont changé même si elle entend encore parfois des remarques sexistes, sur des salons par exemple.

« Il y a toujours un vigneron qui va dire « ah tiens tu es venue toute seule ?! » ou encore un autre qui va te soutenir que tu joues de ton charme pour mieux vendre ton vin ! »

Et quand on lui demande si le Muscadet a encore une image de vin qui pique, qui fait mal à la tête, elle nous répond : « non pas vraiment, ce que j’entends davantage c’est « oui ok c’est sympa mais c’est pas un grand vin » ou encore « c’est pas mal mais je préfère boire du Bourgogne » parce que ça fait plus chic. C’est le cas surtout au niveau local et pour les néophytes. » Le muscadet a des adeptes dans le monde entier justement parce qu’il joue maintenant dans la cour des grands (vins) ! Alors un mus’ ?

Sonia LAROCHE

LA RECETTE (UN PEU) POMPETTE
Pour les heures les plus chaudes de l’été, La Bigresse Marie Chartier Luneau nous suggère de découvrir le Froggy Pink. « Froggy Wine » est né d’un pari un peu fou, celui de dépoussiérer l’image parfois sérieuse et élitiste de nos métiers de vignerons, sommeliers et journalistes. Le vin est grand et inspire de fabuleux accords, tant mieux ! Mais le vin, c’est d’abord et toujours une histoire de partage, d’amitié, de plaisir immédiat. « Froggy » en est le fruit. Un vin de copain à déboucher du petit déjeuner à la fin de soirée !

Hommage à nos marais de Goulaine, à notre parcelle « Les Grenouilles » et au dernier millésime en cours, c’est un vin à boire sans modération. Froggy donne naissance à un Gamay rouge « Froggy Red » et un Gamay rosé « Froggy Pink », au moment de l’apéro ou bien en accompagnement d’un menu ensoleillé.
À servir avec :
Un méli-mélo de tomates
Des fraises gariguettes
De la mozzarella de bufflonne
Du basilic pourpre et vert
Le tout arrosé d’une huile d’olive Vigean
LES BONNES ADRESSES DE LA BIGRESSE
Marie a choisi le restaurant l’Océanide pour son dernier dîner de filles, « parce que la cuisine est top et la carte des vins l’est encore plus ! » En parlant de vins, elle conseille vivement La Comédie des Vins, rue Suffren, tenu par Emeric & Cécile Chambon, deux  ex sommeliers de Marc Meneau durant 10 ans.  « Une carte des vins magique,  des charcuteries divines et des fromages exquis ! » Oui mais avec les enfants on fait comment ? Aucun problème, elle emmène sa fille Jeanne, 3 ans et demi, et Joseph, 18 mois, partout, chez les étoilés, les brasseries… Le dernier en date le 1.

Celui à venir le Restaurant Beau Rivage chez Christine & Gérard Corchia à Pornic. Elle ne prend jamais les menus enfants,  elle trouve ça même révoltant qu’on puisse proposer une semelle de steack haché avec des frites surgelées et une ridicule boule de glace en guise de dessert. « L’éveil au goût et aux bonnes choses, ça commence dès le plus jeune âge ».

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