29
novembre
2016

NICOLAS DAVID, L’EX HIKIKOMORI EST DEVENU MANGAKA !

À 30 ans, le rennais Nicolas David fait partie du cercle restreint des mangakas français. D’abord accro aux mangas et aux ordis, son histoire révèle aujourd’hui une passion de gosse qui a été enrichie par un parcours atypique. Retour sur expérience.

Nicolas, l’école, c’était pas trop son truc. Comme beaucoup d’adolescents, il s’y ennuie et… fait des conneries. Au point qu’à 16 ans, plus aucun lycée (ou presque) ne veut de lui. « J’ai eu un parcours chaotique mais j’étais « le meilleur » dessinateur de la classe ! C’est une bonne chose pour l’égo mais finalement c’est un talent assez commun à l’échelle du monde et c’est difficile d’en faire quelque chose sans travail » nous explique-t-il. Il se tourne alors vers la plomberie, sûrement par dépit, et n’y trouve pas de motivation.

Fêtes, soirées ou journées devant l’ordinateur, vers 20 ans, la société considèrerait Nicolas comme un NEET (Not in Education, Employment or Training) ou plutôt un hikikomori (mot japonais désignant un état psychosocial et familial concernant principalement des adolescents ou de jeunes adultes qui vivent coupés du monde et des autres, cloîtrés chez leurs parents, en refusant toute communication). Et il s’en rend compte :

« Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? » se demande-t-il quand, vers 21 ans, il reprend le dessin pour ne plus abandonner son crayon.

Not in Education, Employment ou Training… but an artist ! Petit à petit, chemin faisant, il prend confiance, s’inscrit au « 24 heures de la BD » et reprend son rêve de gosse… devenir Mangaka. Vers 26, 27 ans, il commence à envoyer des planches aux éditeurs. « J’ai pris du temps avant de me sentir suffisamment armé pour affronter ce milieu très fermé et ça n’a pas été facile. Les éditeurs étaient encourageants mais ne me publiaient pas. J’ai dû m’accrocher pour ne pas abandonner. Ça m’a appris beaucoup de choses et internet a été une mine d’or. Il est difficile d’imaginer participer à des concours japonais. J’ai eu quelques résultats, rien de bien fou non plus ».

Mais à partir de ce moment, Nicolas se concentre sur les concours français et internationaux. Ses participations lui permettent de rencontrer des gens, lui, ce geek féru de mangas qui jouait aux jeux vidéo comme bon nombre d’ados, mais s’est quand même retrouvé à un moment dans sa vie enfermé dans un monde d’écrans.

Et un jour… BINGO, il est sélectionné pour une master class de Silent Manga Audition avec d’autres participants du concours venant du monde entier.

Il part alors au Japon et y rencontre d’autres magakas comme Ryuji Tsugihara, Tsukasa Hojo (Nicky Larson) et Tetsuo Hara (Ken le survivant) ou Nobuhiko Horie, l’ancien éditeur en chef de Shonen Jump et fondateur de Coamix. Il travaille dorénavant sur une première short story avec les éditeurs rencontrés là-bas. La consécration ! Juste avant, à quelques jours d’intervalle, il signe avec Olydri éditions pour trois volumes de Meckaz sa première série qui pourra devenir grande si le public adhère à son univers.

Le premier est sorti fin septembre et chez BIGRE, il a beaucoup plu. Et son rapport aujourd’hui avec les écrans et surtout internet ? Si Nicolas pense que les heures passées sur le web lui ont fait gaspiller beaucoup de temps, il affirme également que cet outil lui a permis d’en arriver là où il en est maintenant. « J’ai pris des contacts avec des dessinateurs qui m’ont donné des conseils notamment sur le matériel à utiliser. Je me suis aussi confronté à des talents, ce qui m’a permis de me remettre en question. Il y a du positif dans toute chose, le tout est de savoir le mesurer et réagir à un moment donné ! »

Laurel LEDUC

À découvrir Meckaz chez Olydri Éditions.

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