29
juin
2015

PATRICIA BUCK

Passionnée d’art, altruiste et éprise d’échanges, Patricia Buck, à qui l’on doit notamment l’idée (avec Rafaël Magrou) des Playgrounds installés en ville dans le cadre du Voyage à Nantes, n’en est pas à son coup d’essai. Portrait d’une femme qui multiplie les collaborations, dévoile des sensibilités et, au passage, nous incite à passer de bons moments !

La passion fait surmonter bien des obstacles. Lorsque Patricia sort des Beaux-Arts d’Angers sans son diplôme, elle ne se démonte pas et dégote un travail au CRDC (Centre de Recherche pour le Développement Culturel) qui deviendra plus tard le lieu unique. Elle y arrive en tant qu’assistante de Patricia Solini, alors responsable des arts plastiques, au moment des Allumés Cuba. Manque de bol, l’événement sera annulé, Castro refusant les visas aux artistes.

Un mauvais départ ? Que nenni !

L’expérience forge le caractère et l’on peut dire que Patricia en a. Ayant fait son petit bonhomme de chemin —elle est depuis 2008 responsable des expositions au lieu unique, elle revendique des choix scénographiques radicaux, parfois dictés par des économies de moyens, et collabore autant avec des artistes, des architectes, des auteurs, des dessinateurs… Elle intervient également en tant que commissaire d’expositions indépendante, notamment pour Présentée vivante : l’extraordinaire histoire de la femme crocodile réalisée dans le cadre de l’ouverture du Mucem à Marseille.

Elle y coopère avec Joy Sorman, auteure d’une dizaine d’ouvrages dont le premier, Boys Boys Boys, manifeste pour un féminisme viril, sera prix de Flore en 2005. Le Gentil Garçon, Les Requins Marteaux, Block Architectes, Daniel Johnston, Théo Mercier ou Jérôme Zonder…

Patricia aime les rencontres, croiser les disciplines, aborder des approches différentes, continuer à apprendre au contact des créateurs et de leur processus de créations. « Chaque artiste, chaque lieu, chaque public est différent. Ce sont des expériences où le sensible doit toujours être en adéquation avec une demande contrainte. Se confronter à des choses variées, c’est enrichissant. »

En 2007, elle participe à Estuaire et assure le suivi de production du Jardin étoilé de Kinya Maruyama (Paimboeuf). Jean Blaise, grand manitou du Voyage à Nantes, lui demande par la suite de réaliser un projet pour l’édition 2012. C’est donc avec Rafaël Magrou, architecte, journaliste et commissaire d’exposition, qu’elle crée le concept des Playgrounds.

L’idée : détourner des « processus sportifs » de manière ludique pour créer des installations esthétiques qui permettent de découvrir l’art tout en s’amusant.

Cet été sonne son dernier Playgrounds (« c’était le deal dès le départ ») avec On va marcher sur la Lune de l’agence Detroit Architectes et Bruno Peinado (lire l’article ci-dessous).

Alors, à l’heure des résultats des conseils de classe ou des examens, Patricia Buck, c’est un peu la preuve qu’on peut rater un diplôme et quand même trouver sa voie, parce qu’on est passionné et qu’on sait donner du plaisir aux autres sans s’économiser… Chapeau !

Valérie MARION

PARTAGER CET ARTICLE          
À LIRE AUSSI

NÉANDERTAL

Publié le 6 août 2020
Plus proche de nous qu’on ne le pense...

LA LOIRE COULE COOL

Publié le 25 juillet 2020
Deuxième édition pour ce rendez-vous d’été de Saint-Sébastien....

CULTURE RAFRAÎCHISSANTE

Publié le 20 juillet 2020
L’envie de prendre l’air et de se divertir n’a sans doute jamais été aussi intense après le confinement....

ARCHIPEL

Publié le 17 juillet 2020
Fonds de dotation de Jean-Jacques Lebel...