8
octobre
2019

SCOPITONE FAMILY

En 2002, naissait Scopitone, un festival électro et numérique plutôt dédié à un auditoire d’initiés. Année après année, la programmation s’est enrichie, étoffée, s’est ouverte à un plus large public. Aujourd’hui incontournable, LE festival des cultures électroniques et des arts numériques est devenu un événement familial à ne louper sous aucun prétexte. Rencontre avec Mélanie Legrand, responsable de l’action culturelle, et Cédric Huchet, programmateur du festival qui nous dévoilent leur recette et le cru 2019.

Comment s’est faite la mutation du festival vers un public beaucoup plus large ?

Cédric Huchet : C’est lorsque nous sommes arrivés sur le site d’Alstom, en 2007, que le festival a pris une autre dimension. Nous quittions des espaces plus difficiles d’accès (La Beaujoire en 2002, la Trocardière de 2004 à 2006) pour venir nous installer sur l’Île de Nantes. Tout était regroupé sur un site et nous avons commencé à voir des poussettes, des mamies… Ce n’était plus que des fans d’électro et de culture numérique mais un festival pour tous.

Mélanie Legrand : Dès 2007, l’action culturelle en direction d’un public jeune a été mise en place. Nous avions 4/5 classes, de l’élémentaire au collège, qui vivaient le festival en participant à des ateliers de création avec des artistes et avec des restitutions à la fin. Et, on le sait, les jeunes sont prescripteurs. Les parents et grands-parents se laissent bien souvent guider par les « Schtroumpfs » !

C.H. : On avait aussi mis en place un parcours plus accessible aux familles avec des pièces qui proposaient une interaction et une pratique. Deux performances jeune public aussi. Je me souviens que l’installation (exigeante) Cycloïd-E du duo Cod.act avait rencontré un succès qu’on n’attendait pas. C’est ça aussi Scopitone, ce sont des pièces qui acceptent d’être approchées avec différents niveaux de lecture.

M.L. : On est aussi dans des pratiques ou des formes qu’on peut trouver aujourd’hui sur internet. On n’est pas obligé d’avoir Bac+12 pour y avoir accès. C’est une culture qui s’est vraiment démocratisée et les enfants et les ados sont baignés dedans.

Le festival a constamment évolué, s’est démocratisé, mais certains noms barbares, comme « cinétique » par exemple, demeurent et peuvent effrayer certains publics…

C.H. : On a des outils qui permettent à tous de comprendre, quel que soit l’âge, etc. Certaines personnes pensent que, Scopitone, ce n’est pas pour eux… mais c’est faux ! On travaille beaucoup à le rendre accessible à tous et la grande majorité du festival est gratuite. On ne risque donc rien à essayer ! En pratique : on peut venir découvrir des expositions, des performances et des lives musicaux. Ou bien tout simplement venir boire un verre ou manger un bout tout en profitant d’un dj set. Toutes les formules sont possibles pour se faire surprendre !

Et alors, cette nouvelle édition, plus longue et sur un nouveau site, ça va donner quoi ?

C.H. : On n’a jamais figé les choses. Tous les 3/4 ans, on fait une sorte de lifting et cette année, on a eu une opportunité unique. On investit l’ancien site du MiN avant qu’il ne soit détruit pour y construire le nouvel hôpital. C’est donc une édition un peu spéciale et l’on aimerait qu’elle préfigure celles à suivre. C’est un peu comme une version augmentée mais pas virtuelle ! Côté programmation dédiée au jeune public, le premier spectacle Zwandania, d’Emmanuel Visée et Adrien Thiot-Rader, est un ciné-jeu-concert inédit. On les a poussés à faire ce live dessiné avant la sortie de leur jeu vidéo. Très coloré et minimal, l’artwork est magnifique. Ensuite, GaBLé proposera son ciné-concert jeune public sur 8 vieux dessins animés. Ce sera plein d’instrus, de clochettes, de percus… Intimiste et original. Tom Leclerc, un jeune Nantais étudiant en sciences physiques et passionné de synthèse modulaire, viendra jouer, pour sa part, sur une série de films d’animation géorgiens. Cette création est l’OVNI de la programmation et c’est accessible aux tout-petits.

M.L. : Et pour finir en musique, The Brain vient faire sa Kids party. Un vrai mix musical pour une boum avec petits cadeaux en sus… mais attention, pas des bricoles made in China. Le festival s’inscrit dans une démarche écoresponsable. Il y aura aussi des ateliers de découverte et pratique du stop-motion (gratuit sur inscription), de « carte postale virtuelle » pour comprendre l’incrustation sur fond vert et imaginer des saynètes (accès libre), des coding goûters en famille pour les plus férus puisque l’un des participants doit être sensibilisé au code (gratuit sur inscription) et même un atelier pour échanger nos points de vue – petits et grands – sur la ville du futur (samedi 21).

Propos recueillis par Valérie MARION

Un gros programme en perspective, sur deux week-end, du 12 au 22 septembre. Toute la programmation est déjà accessible sur le site.
On vous y donne rendez-vous ! → scopitone.org

PARTAGER CET ARTICLE          
À LIRE AUSSI

COLORIAGES À TOUT ÂGE : YES eye

Publié le 5 mai 2020
Les artistes Florian et Michaël Quistrebert ont réalisé le color book « YES eye » pour leurs enfants et comme ils sont drôlement sympa, ils le partagent avec nous....

COLORIAGES À TOUT ÂGE : Zina Lahrichi

Publié le 5 mai 2020
Vous avez sûrement déjà vu ses motifs dans les vitrines Des Petits Hauts ou sur les affiches émoi émoi. Designer textile, Zina Lahrichi est passée par les studios p...

BIGRE ! Mon enfant est une couverture

Publié le 5 mai 2020
On a lancé un petit jeu sur notre Facebook BIGRE44 et voilà le résultat : tout plein d’enfants ont joué et on fait, en famille, des fausses couvertures de BIGRE. Et...

Sonia

Publié le 5 mai 2020
Sonia, confinée une semaine sur deux avec Lazare (8 ans) et Louison (16 ans)....