4
octobre
2016

TÉMOIGNAGE 3

Article du dossier :
"MONTER SA BOÎTE"

Bientôt 18 ans qu’Élodie Coudray est à son compte. Cette illustratrice nantaise a travaillé longtemps pour Petit Bateau et Sergent Major. Aujourd’hui, elle crée pour Moulin Roty, et dessine l’imaginaire de livres pour enfants.

As-tu toujours eu envie, dès le début, d’être ta propre patronne ?
En fait c’est arrivé un peu par hasard. Après un Bac arts appliqués et un BTS stylisme de mode, j’ai voulu compléter ma formation avec les Arts déco à Paris. Cette école était un peu mon Graal, mais en fait j’ai été déçue. Mais en sortant, j’avais déjà commencé à bosser grâce aux stages. Et un jour, comme légalement je ne pouvais plus continuer en CDD, des clients m’ont dit «  pourquoi tu ne te mets pas à ton compte  ?  » C’est comme ça que je me suis retrouvée free lance, à 22 ans. Je continuais vaguement à chercher un travail salarié à côté mais ça ne donnait rien. Et puis comme on continuait à me donner du travail, je suis finalement restée sur ce statut. J’ai finalement assez peu démarché dans ma vie. Quand j’ai quitté Paris pour Nantes, j’ai eu une proposition de salariat. Je n’ai même pas envisagé d’accepter, ou plutôt je n’ai pas osé !

Ton travail est toujours en lien avec le monde des enfants…
Oui, c’est sans doute lié à mon univers, à mon trait… Mais ce sont souvent des hasards, des rencontres, du bouche-à-oreille, qui font que les demandes se suivent et que l’on peut continuer, sur la durée, à avoir ce statut particulier. Ceci dit, les temps ont changé, il y a beaucoup plus d’auto-entrepreneurs que lorsque j’ai commencé, il y a presque vingt ans… D’ailleurs, je précise que ce n’est pas mon cas, j’ai un statut d’artiste-auteur.

Comment vis-tu le fait de travailler chez soi au quotidien  ?
C’est un boulot plutôt «  dans sa grotte  », mais ce que j’apprécie c’est la flexibilité des horaires, et le fait d’avoir des commandes variées. C’est une émulation constante au niveau de la créativité  ! Ce sont d’ailleurs ces commandes qui me permettent de faire à côté des petits boulots créatifs que j’adore, mais qui ne me rapportent pas un rond  ! (Rires) À côté de ça, c’est beaucoup de retours par téléphone ou mails… On ne coupe pas souvent du boulot. Car le travail est là, dans la pièce juste à côté, la planche à dessin, la peinture…

Et la vie de famille  ?
J’ai aujourd’hui deux enfants de 2 et 5 ans. Les avantages que j’avais de par mon statut à une époque ne sont plus mêmes aujourd’hui. Avant je bossais sept jours sur sept, pendant quinze heures d’affilée. Aujourd’hui je bosse quatre jours, je ne me couche pas avant deux heures du matin, et me lève cinq heures après pour emmener les enfants à l’école. En toute honnêteté, j’ai pensé au début que cette liberté me permettrait de profiter davantage d’eux. Ce n’est pas le cas.

Propos recueillis par Elsa Gambin

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