26
janvier
2016

TOUTE PREMIÈRE FOIS : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, SEXUALITÉS

En 2016, le Planning Familial fête ses 60 ans. Bien loin de l’idéologie de Frigide Barjot (qui porte décidément bien son nom !) et de ses (ex ?) amis de la Manif pour Tous, le Planning apporte son soutien à de nombreux hommes et femmes, dès le plus jeune âge. Rencontre avec Catherine Perrigaud, une gynécologue nantaise engagée !

À qui s’adresse le Planning Familial ?
Il s’adresse à tous, hommes, femmes, adolescents. Médecins, conseillères et sages-femmes sont là pour apporter des conseils et des solutions, que ce soit en termes de santé, de contraception, d’Intervention Volontaire de Grossesse (IVG) ou d’informations diverses (droits, discriminations et violences). Nous sommes conventionnés avec le Département, ce qui nous permet notamment de prescrire gratuitement et sans l’autorisation parentale des contraceptifs à des mineurs qui ne souhaitent ou ne peuvent pas aller chez un médecin « traditionnel ». D’autre part, nous intervenons également en milieu scolaire pour informer les adolescents sur la contraception et les relations sexuelles au sens large.

Quel conseil donneriez-vous à des parents dont l’adolescent entre « dans la vie active » ?
Certains parents sont réticents. La plupart du temps, ils ont simplement peur de peines de cœur pour leur enfant. Mais finalement, ce comportement incite le jeune à prendre des risques. Sans être intrusif, il faut discuter de sexualité mais aussi des relations entretenues. Hormis l’emploi du préservatif, on oublie souvent de parler de contraception aux garçons. Si les jeunes hommes étaient mieux informés, ils prendraient certainement moins de risques ou en feraient moins courir à leur partenaire.

Éducation nationale et relation parentale ne suffisent donc pas à éduquer un jeune ?
Cela suffit dans la plupart des cas mais certains jeunes ont besoin de soutien ou de plus d’informations venant de l’extérieur du cercle familier. Nous sommes aussi parfois confrontés à des situations délicates comme la demande d’une IVG chez une personne mineure sans accord parental, ce que la loi permet. La jeune fille peut compter sur nous pour l’épauler et, même si elle n’est pas en capacité d’être accompagnée par une personne majeure, nous trouvons des solutions.

Vous êtes un rempart aux « comportements à risque » ?
Mais qu’est-ce qu’un comportement à risque ? Avoir plusieurs partenaires sans protection ? S’il est clair que nos jeunes doivent prendre la mesure de l’acte sexuel, il faut aussi savoir relativiser. Les parents n’ont-ils pas parfois tendance à boire un peu trop, à fumer ou à faire des excès de vitesse ?

Le Planning Familial fête cette année ses 60 ans. Vous sentez-vous encore d’utilité publique ?
Oui et, dans nos sociétés, quels que soient les changements politiques, il est important que les jeunes puissent avoir accès aux informations et à la contraception. Aujourd’hui, dans les villes, c’est facile mais sur certains territoires, cela reste parfois difficile !

Propos recueillis par Valérie MARION

PAPILLOMAVIRUS
Catherine Perrigaud nous donne son point de vue.

La plupart des papillomavirus sont bénins mais il en existe deux sérotypes (16 & 18 contre lesquels on vaccine) qui peuvent être déclencheurs d’un cancer du col de l’utérus… (beaucoup plus rare que celui du sein), dépistable par la pratique des frottis (que toutes les femmes n’effectuent pas). Aujourd’hui, on incite les jeunes filles à se faire vacciner. Ce vaccin remboursé de 11 à 19 ans révolus, n’est pas obligatoire, ne présente pas vraiment de contre-indication, et est efficace dans environ 80% des cas : les jeunes vaccinées devront tout de même faire effectuer les frottis. (À noter que ces virus semblent cofacteurs dans les cancers du rectum et du pénis, or l’on en parle qu’aux filles actuellement). Cette politique vaccinale serait, en revanche, réellement efficace dans les pays où les femmes ne sont pas dépistées. Certains médecins le préconisent tôt (vers 11 ou 12 ans, associé à d’autres rappels) ce qui est un moyen de dissocier cet acte médical de la sexualité.

→  planning-familial.org

Planning Familial 44
Centre de planning familial
4 Rue Meuris 44100 Nantes
02 40 20 41 51
→  mfpf.nantes@free.fr

Planning Familial (M.F.P.F)
Centre hospitalier
16 Rue Paul Bellamy 44000 Nantes
09 61 32 85 42

Centre de planification familiale
Centre IVG
57 Rue Michel Ange 44600
Saint-Nazaire
02 40 90 52 30

PARTAGER CET ARTICLE