2 058 mètres d’altitude : ce chiffre suffit à placer le col du Lautaret dans une autre dimension. Relier la Romanche à la Guisane, c’est traverser un pan d’histoire, mais aussi s’immerger dans une réalité bien vivante, où le passé dialogue sans relâche avec les enjeux de demain.
Le col du Lautaret est un trait d’union ancien entre le Dauphiné et la Savoie. Depuis les premiers convois de marchands, l’endroit a multiplié les allers-retours de cultures, d’idées, de marchandises. Aujourd’hui, il n’a rien perdu de ce rôle central. L’ouverture du col, chaque année, ne relève pas simplement de la logistique : elle devient le reflet d’un équilibre subtil entre développement régional, maintien des échanges et vigilance écologique. Car ici, tout se joue entre la nécessité d’accueillir et l’obligation de préserver.
Chaque saison de réouverture fait émerger deux priorités qui ne se lâchent pas d’une semelle :
- Préserver les trésors naturels tout en répondant aux attentes d’un public nombreux et varié
- Maintenir la sécurité de la route face à des conditions météorologiques qui ne pardonnent rien
Rien n’est jamais acquis sous ces latitudes : trouver la bonne articulation entre tourisme, environnement et sécurité reste la clef pour que ce col emblématique conserve son souffle, année après année.
l’histoire fascinante du col du Lautaret
Posé entre Grenoble et Briançon, le col du Lautaret déploie une vue magistrale sur le glacier de la Meije et le Grand Galibier. Avec ses 2 057 mètres, il n’est pas qu’un simple passage : il est le témoin d’une longue histoire où se croisent l’Oisans, la Savoie et la Matheysine. On ne traverse pas le Lautaret sans croiser un peu de cette mémoire collective.
Les troupes napoléoniennes y ont laissé leurs traces, tout comme les innombrables voyageurs et commerçants venus défier la montagne. Ce col ouvre la porte à d’autres géants alpins, parmi lesquels le col du Galibier, la Croix de Fer ou le col d’Ornon. Sa position fait du Lautaret une halte incontournable pour quiconque aime la montagne, avec ce supplément d’âme qui distingue les lieux chargés d’histoires réelles.
Une dynastie hôtelière
L’autre facette du col, c’est celle de l’accueil. L’hôtel des Glaciers, tenu par la famille Bonnabel depuis plusieurs générations, incarne cette tradition. Alexandre Scipion Bonnabel et Marie Virginie Elodie Albert ont su faire de l’établissement plus qu’un simple refuge : un lieu où chaque voyageur, qu’il vienne pour une nuit ou pour une saison, repart avec un morceau de montagne dans la tête. Cette fidélité à l’hospitalité alpine a contribué à forger la réputation du col, bien au-delà des frontières locales.
Le Tour de France et le col
Impossible d’évoquer le Lautaret sans parler de cyclisme. Le Tour de France y trouve régulièrement l’un de ses passages les plus attendus. Les foules se pressent au bord de la route, les amateurs viennent rêver devant la pente, les paysages et l’effort. Ce col est devenu une étape mythique, une scène naturelle où se jouent chaque année des moments de bravoure. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Altitude : 2 057 mètres
- Localisation : Alpes françaises, Provence Alpes Côte d’Azur
- Vue panoramique : Glacier de la Meije et Grand Galibier
- Importance historique : Lien entre les vallées alpines
- Histoire : Passage des troupes napoléoniennes
les enjeux économiques et touristiques de l’ouverture
La réouverture du col du Lautaret donne un second souffle à l’économie locale. Elle ouvre la route vers des stations phares comme Montgenèvre, Puy-Saint-Vincent ou Serre Chevalier, et chaque hiver, elle amplifie le passage de touristes, de skieurs, de familles en quête de paysages grandioses. L’effet d’entraînement est immédiat : les commerçants, restaurateurs et hôteliers voient leur activité grimper dès que l’accès est garanti.
La coordination des travaux pour garder le col accessible tout au long de l’année, menée par Marcel Cannat avec le concours d’Oisans Tourisme, ne laisse rien au hasard. Déneigement répété, filets pare-avalanches impeccablement installés : ces mesures protègent et rassurent les usagers, tout en maintenant la vitalité économique du secteur. Pour Vincent, qui accueille des visiteurs à Briançon, la saison hivernale se joue largement sur l’ouverture du col : plus de monde, plus de vie dans la vallée.
Dès l’arrivée des beaux jours, le Lautaret se transforme. Les cyclistes l’arpentent en rêvant d’exploits, les randonneurs sillonnent ses sentiers. Benjamin, de Riders on the Storm, voit chaque été défiler des amateurs venus tester leurs limites sur les traces du Tour de France. Les pentes, les virages, les points de vue à couper le souffle : tout invite à l’effort autant qu’à l’admiration.
Pour mieux comprendre ce que le col apporte au territoire, il suffit de regarder de près quelques points-clés :
- Accès : Ouvert toute l’année
- Activités : Randonnées, balades alpines, cyclisme
- Tourisme : Fréquentation en hausse, attrait pour skieurs et familles
Au-delà du quotidien, c’est l’image de toute une région qui s’en trouve renforcée. L’implication des acteurs locaux, qu’il s’agisse d’Oisans Tourisme ou des professionnels de l’hébergement, fait la différence et nourrit une dynamique solide, hiver comme été.
les défis environnementaux et sécuritaires
À cette altitude, la montagne ne pardonne aucun relâchement. Maintenir le col du Lautaret ouvert exige une vigilance constante face aux caprices du climat et aux risques naturels. La gestion des opérations, sous la houlette de Marcel Cannat, reste une course contre la montre : il faut dégager la neige, renforcer les protections et surveiller les moindres signes d’instabilité. Les filets pare-avalanches ne sont qu’un maillon de cette chaîne de précautions.
Mais la question ne se limite pas à la circulation. Sur le versant scientifique, l’Université Joseph Fourier de Grenoble a installé un laboratoire pour analyser l’impact du réchauffement climatique sur les écosystèmes alpins. Serge Aubert, au Jardin alpin du Lautaret, veille sur plus de 2 000 espèces végétales, véritables sentinelles des changements en cours. Le site devient ainsi un observatoire unique de la biodiversité et de ses fragilités.
Quelques points incontournables pour quiconque veut traverser le col en toute sécurité :
- Équipement obligatoire : Pneus hiver du 1er novembre au 31 mars
- Travaux de réouverture : Déneigement, pose de filets pare-avalanches
- Flore : Jardin alpin regroupant plus de 2 000 espèces
Respecter la réglementation, notamment l’obligation de rouler équipé de pneus hiver, ne relève pas du détail. Sur ces routes, la prudence devient une règle de survie. Les impacts du réchauffement, eux, se lisent déjà dans la disparition progressive des glaciers et la transformation des cycles de l’eau. Les équipes de recherche s’efforcent d’anticiper, de proposer des pistes pour concilier présence humaine et sauvegarde de la nature.
les perspectives d’avenir pour la région
Regarder vers demain, c’est déjà ce que font les acteurs du Lautaret. Les liens tissés entre Marcel Cannat, Oisans Tourisme et l’ensemble des partenaires locaux dessinent un projet collectif où la montagne avance sans rien renier de son caractère. Plusieurs initiatives se développent pour conjuguer fréquentation, respect de l’environnement et innovation.
Le laboratoire scientifique adossé à l’Université Joseph Fourier continue d’explorer, d’analyser, de publier. Le Jardin alpin, sous la direction de Serge Aubert, s’impose comme un vivier d’idées et d’expérimentations pour la préservation des espèces et la compréhension des milieux alpins. La région s’inscrit ainsi dans une démarche d’ouverture, non seulement aux visiteurs, mais aussi à la connaissance et au dialogue scientifique.
Dans cette optique, plusieurs axes sont mis en avant pour bâtir un avenir durable :
- Développement de circuits de randonnée : nouveaux itinéraires balisés pour révéler la diversité des paysages alpins
- Promotion des activités quatre saisons : ski, randonnée, cyclisme, escalade pour garantir une fréquentation continue
- Sensibilisation environnementale : dispositifs éducatifs destinés à informer et responsabiliser les visiteurs sur la fragilité des écosystèmes
Le col du Lautaret n’est pas seulement la promesse de panoramas inoubliables. C’est aussi un terrain d’expériences, un laboratoire à ciel ouvert où se joue l’équilibre entre l’homme et la montagne. L’avenir s’écrira ici à plusieurs mains, porté par l’énergie des locaux, la curiosité des chercheurs et la passion de ceux qui arpentent ces hauteurs. Au sommet, la route ne s’arrête jamais vraiment : elle continue, têtue et vivace, à tracer son sillon vers l’inconnu.


