Mise en conformité électrique d’un appartement en copropriété : comment ça se passe ?

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À Bruxelles, de nombreux immeubles d’habitation datent d’avant les années 1980. Dans ces copropriétés anciennes, les installations électriques n’ont pas toujours été modernisées et peuvent présenter des risques importants. Lorsqu’un appartement doit être mis aux normes, la situation se complique souvent : entre parties privatives et parties communes, la répartition des responsabilités n’est pas toujours claire.
Comment s’effectue une mise en conformité électrique dans une copropriété ? Qui doit payer quoi ? Et comment garantir que tout le bâtiment respecte les exigences du RGIE ? Voici un guide complet pour comprendre les règles en vigueur à Bruxelles.

Les obligations légales en copropriété

La mise en conformité électrique est encadrée par le Règlement général sur les installations électriques (RGIE). Celui-ci s’applique à toutes les habitations, qu’elles soient individuelles ou situées dans un immeuble collectif.

Dans une copropriété, il faut distinguer deux types d’installations :

  • les installations privatives, propres à chaque appartement ;
  • les installations communes, partagées par tous les copropriétaires.

Les premières relèvent de la responsabilité du propriétaire de l’appartement. Les secondes dépendent du syndic et du syndicat des copropriétaires, qui doivent assurer leur bon entretien.

Pour réaliser ces travaux en toute conformité, il est conseillé de s’adresser à un électricien agréé. Des professionnels expérimentés comme ElamElec accompagnent à la fois les particuliers et les syndics dans la mise en conformité électrique des logements et des communs selon les exigences du RGIE.

Ce que le RGIE impose

Le RGIE fixe des règles précises pour assurer la sécurité des habitants :

  • présence d’un dispositif différentiel général ;
  • mise à la terre de l’installation ;
  • protection des circuits et des conducteurs ;
  • schémas électriques obligatoires ;
  • contrôle par un organisme agréé avant mise en service.

Dans le cadre d’une copropriété, ces règles s’appliquent aussi bien à chaque appartement qu’aux installations partagées : couloirs, caves, garages, chaufferie, éclairage extérieur, etc.

L’objectif est d’éviter tout risque d’incendie ou d’électrocution, mais aussi de permettre le raccordement ou la vente d’un bien sans blocage administratif.

La répartition des responsabilités entre propriétaires et syndic

Une source fréquente de confusion réside dans la distinction entre parties privatives et parties communes. Or cette distinction détermine qui doit financer et réaliser les travaux.

Type d’installation Exemple Responsable Obligation principale
Partie privative Tableau électrique, prises, circuits intérieurs de l’appartement Propriétaire de l’unité Faire contrôler et remettre aux normes son installation
Partie commune Compteurs, éclairage des couloirs, ascenseur, chaufferie, garage collectif Syndic au nom de la copropriété Assurer l’entretien, la mise en conformité et le contrôle périodique
Alimentation principale Câblage entre le compteur et les tableaux privatifs Généralement copropriété (si commun) Vérification collective lors du contrôle des communs

Cette répartition permet de savoir qui doit intervenir en cas de non-conformité. Le propriétaire n’est responsable que de son installation intérieure ; le syndic gère les espaces collectifs.

Quand la mise en conformité est-elle obligatoire ?

Plusieurs situations peuvent rendre la mise aux normes incontournable :

  • Vente d’un appartement : le vendeur doit fournir un rapport de contrôle datant de moins de 25 ans. Si celui-ci mentionne des infractions, l’acheteur dispose de 18 mois pour les corriger.
  • Travaux de rénovation : dès qu’un circuit est modifié ou ajouté, il doit être vérifié par un organisme agréé.
  • Mise en sécurité collective : la copropriété doit assurer la conformité des installations communes, surtout en cas de modernisation de l’éclairage ou de remplacement des compteurs.
  • Contrôle périodique obligatoire : dans certains immeubles à usage mixte ou avec équipements collectifs puissants (chaufferie, ascenseur), un contrôle est exigé tous les 5 ans.

Ces obligations visent à garantir la sécurité de tous les occupants et à maintenir la valeur du patrimoine immobilier.

Le déroulement d’une mise en conformité en copropriété

La procédure suit plusieurs étapes logiques, qu’il s’agisse d’une partie privative ou commune :

  1. Diagnostic de l’installation : Un électricien agréé inspecte l’état des circuits, du tableau et des protections. Il repère les anomalies selon le RGIE.
  2. Établissement des schémas électriques : Pour chaque logement, il faut disposer d’un schéma unifilaire et d’un plan de position à jour. Le syndic doit aussi conserver ceux des installations collectives.
  3. Réalisation des travaux : Selon les défauts identifiés, l’électricien procède au remplacement du tableau, à la mise à la terre, à l’installation de différentiels ou à la sécurisation des câbles.
  4. Contrôle par un organisme agréé : Un inspecteur indépendant (Vinçotte, BTV, OCB…) vérifie la conformité et délivre le certificat de conformité valable 25 ans pour les habitations.
  5. Archivage et suivi : Les certificats doivent être conservés par le propriétaire et le syndic, car ils seront exigés lors d’une vente, d’un raccordement ou d’un audit.

Les particularités des installations communes

Les parties communes présentent des particularités techniques souvent négligées :

  • Éclairage des couloirs et caves : souvent relié à un ancien réseau sans mise à la terre, nécessitant un recâblage complet.
  • Compteurs électriques : ils appartiennent aux gestionnaires de réseau (Sibelga à Bruxelles), mais les raccordements internes sont à charge de la copropriété.
  • Garages et parkings : la multiplication des bornes de recharge impose des adaptations de puissance et une coordination entre copropriétaires.
  • Chaufferie ou local technique : ces zones requièrent un contrôle plus fréquent (souvent tous les 5 ans).

Une mauvaise gestion de ces installations communes peut avoir des conséquences pour tous : un incendie dans la chaufferie, une panne d’éclairage dans les couloirs ou une surtension sur le réseau collectif peuvent compromettre la sécurité globale.

Les difficultés fréquentes rencontrées

La mise en conformité en copropriété s’accompagne souvent de plusieurs obstacles :

  • désaccords entre copropriétaires sur le budget ;
  • manque de clarté sur la responsabilité du défaut constaté ;
  • absence de plans ou schémas d’origine ;
  • installations anciennes non accessibles ;
  • délais de coordination avec les organismes de contrôle.

Pour éviter ces blocages, il est recommandé de planifier les travaux à l’avance lors des assemblées générales et de faire voter les budgets nécessaires. Un électricien expérimenté peut également aider le syndic à établir un plan d’action collectif.

Les coûts à prévoir

Le prix d’une mise en conformité dépend de plusieurs critères : taille du logement, état du réseau, complexité de l’installation et accessibilité.

En moyenne à Bruxelles :

  • pour un appartement individuel, il faut compter entre 1 000 € et 2 500 € selon les travaux ;
  • pour les installations communes, le budget global peut varier de 2 000 € à 6 000 €, réparti entre les copropriétaires selon les quotes-parts.

Ces montants peuvent sembler élevés, mais ils garantissent la sécurité du bâtiment et évitent des coûts bien plus importants en cas de sinistre.

Les aides possibles à Bruxelles

La Région de Bruxelles-Capitale propose parfois des primes à la rénovation ou des incitants PEB pour les copropriétés qui entreprennent une modernisation énergétique complète.
Même si ces aides ne couvrent pas directement la mise en conformité électrique, elles peuvent être combinées à d’autres travaux (isolation, chauffage, domotique) pour réduire le coût global du projet.

Le syndic peut se renseigner auprès de Bruxelles Environnement ou du Guichet de l’énergie pour connaître les conditions d’éligibilité.

Les avantages d’une mise en conformité réussie

Une installation électrique conforme présente de nombreux avantages :

  • sécurité renforcée pour tous les occupants ;
  • meilleure valeur immobilière du bien ;
  • tranquillité administrative lors d’une vente ou d’un contrôle ;
  • assurabilité garantie en cas de sinistre ;
  • consommation énergétique optimisée grâce à un réseau modernisé.

De plus, une installation conforme simplifie la gestion future des charges communes : les interventions d’entretien sont plus rapides et moins coûteuses sur un système clair et bien documenté.

En résumé

La mise en conformité électrique d’un appartement en copropriété à Bruxelles demande une organisation rigoureuse et une collaboration entre tous les acteurs : propriétaires, syndic et électriciens agréés.
Chaque partie a ses responsabilités : le propriétaire pour son logement, le syndic pour les communs, et l’organisme agréé pour le contrôle final.

En suivant les étapes du RGIE , diagnostic, schémas, travaux, inspection , la copropriété assure la sécurité collective et préserve la valeur de son patrimoine.
Une installation aux normes, c’est la garantie d’un immeuble sûr, assuré et conforme aux exigences légales bruxelloises.